Monthly Archives: June 2012

La pauvreté en débat

“&nbsp;&nbsp;&nbsp; Que cela donne lieu &agrave; des d&eacute;bats sociaux est donc normal. Encore faut-il&nbsp; se rappeler que l&rsquo;enjeu en cause demeure la vie concr&egrave;te de milliers de citoyens et de citoyennes qui ont de la difficult&eacute; &agrave; vivre. J&rsquo;aimerais proposer que le mod&egrave;le que nous avons accept&eacute; depuis de nombreuses ann&eacute;es pour situer la pauvret&eacute; &eacute;tait travers&eacute; par des compromis et que ces derniers reviennent maintenant &agrave; la surface, nous invitant &agrave; reprendre le d&eacute;bat incontournable que nous pensions termin&eacute;.<br />
<br />
De la tradition &agrave; la modernit&eacute; <br />
<br />
&nbsp;&nbsp; &nbsp;Nous sommes entr&eacute;s assez tardivement dans la modernit&eacute;. Les nouvelles structures que nous avons mises en place comme soci&eacute;t&eacute; ont ainsi rapidement fait consensus, d&rsquo;autant plus que les changements &eacute;taient port&eacute;s par une passion passablement partag&eacute;e de construire un pays. Nous avons alors pu faire porter l&rsquo;essentiel de nos efforts pour combattre la pauvret&eacute; sur la volont&eacute; d&rsquo;aider le plus de personnes possible &agrave; acc&eacute;der &agrave; la modernit&eacute;. Deux motivations ont alors permis le travail commun : d&rsquo;une part, l&rsquo;aide apport&eacute;e pouvait aider les personnes exclues &agrave; participer &agrave; la vie &eacute;conomique et, d&rsquo;autre part, cette solidarit&eacute; pouvait &ecirc;tre comprise comme une traduction de l&rsquo;importance accord&eacute;e aux droits des personnes exclues &agrave; s&rsquo;int&eacute;grer dans la soci&eacute;t&eacute;. Cette double motivation a permis d&rsquo;insister sur le fonctionnement des institutions qui se mettaient en place pour r&eacute;aliser les objectifs voulus. Certes, les causes des &laquo; non-fonctionnements &raquo; &eacute;taient multiples, mais nous pouvions compter sur une foule de nouvelles ressources publiques pour s&rsquo;en occuper. Avec les ann&eacute;es, cette insistance mise sur le fonctionnement a favoris&eacute; un fractionnement des interventions et la crise des finances publiques a oblig&eacute; tout le monde &agrave; questionner le &laquo; mod&egrave;le qu&eacute;b&eacute;cois &raquo;.<br />
<br />
De la soci&eacute;t&eacute; moderne au consommateur inquiet <br />
<br />
&nbsp;&nbsp; &nbsp;Le questionnement en cours&nbsp; a rapidement pris acte du fait que nous &eacute;tions devenus une soci&eacute;t&eacute; &laquo; moderne &raquo;. Nous &eacute;tions d&eacute;sormais confront&eacute;s &agrave; une modernit&eacute; &eacute;largie aux fronti&egrave;res du monde et l&rsquo;acceptation de la soci&eacute;t&eacute; de consommation avait fait de nous des consommateurs plus ou moins inquiets de l&rsquo;avenir. En clair, nous savons de moins en moins o&ugrave; nous allons, -car le projet de pays est remis &agrave; plus tard, – mais nous avons une expertise pour nous adapter et pour chercher comment fonctionner dans le nouvel environnement international. Cette insistance port&eacute;e au fonctionnement a tr&egrave;s rapidement contribu&eacute; &agrave; la mise en place de la nouvelle organisation du travail. Jusqu&rsquo;ici, le ch&ocirc;mage signifiait l&rsquo;absence d&rsquo;emploi et une assurance permettait de tenir le coup pendant un certain temps. D&eacute;sormais, le ch&ocirc;mage deviendra int&eacute;gr&eacute; dans l&rsquo;organisation du travail sous la forme du sous-emploi qui prendra toutes les formes du travail atypique. L&rsquo;entreprise est devenue le mod&egrave;le de l&rsquo;int&eacute;gration sociale. Le travailleur doit alors avoir l&rsquo;esprit d&rsquo;entreprise et donc s&rsquo;adapter, se recycler, entrer en comp&eacute;tition, lutter ou &ecirc;tre mis dans la marge. Il n&rsquo;y a donc plus de ch&ocirc;meur mais un travailleur&nbsp; qui est &laquo; inadapt&eacute; &raquo;. Il n&rsquo;y a d&eacute;sormais plus de domination ou d&rsquo;exploitation mais des &laquo; opportunit&eacute;s &raquo; qu&rsquo;il faut savoir saisir au bon moment. &Agrave; la limite, le ch&ocirc;meur est en passe de devenir un &laquo; d&eacute;linquant &eacute;conomique &raquo; et son salut consistera &agrave; s&rsquo;int&eacute;grer dans le march&eacute; du travail, peu importent les conditions que&nbsp; celui-ci pourra lui imposer. Heureusement, les efforts de la soci&eacute;t&eacute; ne manquent pas pour nous adapter et fonctionner dans cette soci&eacute;t&eacute; en &eacute;mergence :garderies ouvertes, repas rapides ou tout pr&eacute;par&eacute;s, contrats et petits boulots pour l&rsquo;entretien m&eacute;nager ou le m&eacute;nage, etc. Les &laquo; mal-fonctionnants &raquo; ne sont pas laiss&eacute;s pour compte. Une arm&eacute;e de sp&eacute;cialistes les prennent en charge et transforment leurs malaises de vivre et de travailler en probl&egrave;mes personnels. La conciliation difficile entre le temps de travail et le temps domestique ne fait cependant pas encore partie de cette organisation du travail. Les travailleurs et les travailleuses sont devenus, pour les entreprises, une nu&eacute;e de c&eacute;libataires et les n&eacute;gociations entre les sexes ont souvent plus d&rsquo;importance que les n&eacute;gociations collectives. Mais comment se plaindre ? Le m&eacute;decin et le psy sont l&agrave; pour g&eacute;rer les d&eacute;bordements. Les s&eacute;ances de motivation, les pilules ou le cong&eacute; de maladie pour &laquo; burnout &raquo; remplacent un peu partout les gr&egrave;ves ou les manifestations. Somme toute, notre soci&eacute;t&eacute; est devenue un immense carrousel, o&ugrave; le nombre de places est limit&eacute;, et qui tourne sans arr&ecirc;t, donnant mal au c&oelig;ur &agrave; de plus en plus de gens. Il faut donc du changement. Mais lequel ?<br />
<br />
&nbsp;&nbsp; &nbsp;Ce besoin d&rsquo;autre chose&nbsp; s&rsquo;est manifest&eacute;, ces derni&egrave;res ann&eacute;es, dans trois tribunes principales. La premi&egrave;re a &eacute;t&eacute; la Marche des femmes qui r&eacute;clamait une lutte contre la violence et la pauvret&eacute; faites aux femmes. La liste des revendications comprenait des &eacute;l&eacute;ments de structure comme l&rsquo;&eacute;quit&eacute; salariale. Le collectif pour une loi contre la pauvret&eacute; a aussi d&eacute;pass&eacute; les probl&egrave;mes de fonctionnement pour r&eacute;clamer une loi globale qui touchait, entre autres, &agrave; la fiscalit&eacute;. Enfin, les vastes manifestations contre la guerre en Irak ont montr&eacute; une ouverture &agrave; une autre mondialisation que celle dont on nous rabat les oreilles. Toutes trois ont constitu&eacute; une opposition de la rue &agrave; ce qui se passait &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale, comme si une certaine soci&eacute;t&eacute; civile voyait plus loin que le gouvernement et lui indiquait des avenues pour g&eacute;rer le changement.<br />
<br />
Charest ou le compromis aplati <br />
<br />
&nbsp;&nbsp; &nbsp;L&rsquo;apport du gouvernement&nbsp; Charest &agrave; notre histoire politique sera peut-&ecirc;tre d&rsquo;avoir lev&eacute; les ambiguit&eacute;s entretenues depuis une trentaine d&rsquo;ann&eacute;es. D&eacute;sormais, il est clair que la lutte &agrave; la pauvret&eacute; ne s&rsquo;appuira pas sur les droits des citoyens mais sur le fonctionnement &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de l&rsquo;&eacute;conomie dominante. Le gouvernement soutient que c&rsquo;est par le travail que l&rsquo;on peut sortir de la pauvret&eacute;. Mais le travail est ici r&eacute;duit au travailleur et non &agrave; l&rsquo;organisation du march&eacute; du travail. On postule ainsi que ce dernier est bon et qu&rsquo;il n&rsquo;a pas &agrave; &ecirc;tre remis en question. Le travailleur potentiel a donc la responsabilit&eacute; d&rsquo;y entrer et d&rsquo;y participer. Ses efforts seront r&eacute;compens&eacute;s car il sortira de la pauvret&eacute; et entrera dans le monde r&ecirc;v&eacute; de la richesse. Au slogan des ann&eacute;es soixante qui jumelait la richesse &agrave; l&rsquo;effort pour s&rsquo;instruire (&laquo; Qui s&rsquo;instruit, s&rsquo;enrichit ! &raquo;) a succ&eacute;d&eacute; un autre qui pr&eacute;tend que l&rsquo;enrichissement viendra par le travail. Admirons, au passage, la na&iuml;vet&eacute; de ce postulat qui fait fi de la configuration concr&egrave;te du monde du travail, sa pr&eacute;carit&eacute; de plus en plus institutionnalis&eacute;e, son absence d&rsquo;&eacute;quit&eacute; pour les salaires qui touchent les femmes, son arbitraire dans la r&eacute;mun&eacute;ration et ses cons&eacute;quences sociales sur l&rsquo;organisation de la famille et de la vie sociale.<br />
&nbsp;<br />
Certes, un bon nombre ne peut pas encore profiter de cet enrichissement parce qu&rsquo;ils sont sans travail et qu&rsquo;ils &laquo; b&eacute;n&eacute;ficient &raquo; de l&rsquo;aide de l&rsquo;&Eacute;tat. Il faudra donc les convaincre de rejoindre le plus rapidement possible le march&eacute; du travail, faute de quoi, on devra leur couper l&rsquo;aide accord&eacute;e. &Agrave; cette &eacute;thique du travail promue en v&eacute;rit&eacute; premi&egrave;re s&rsquo;ajoute ici une morale de la responsabilit&eacute; individuelle obligatoire. Le mal &agrave; combattre n&rsquo;est pas le manque de vigueur de l&rsquo;&eacute;conomie, la fluctuation du taux de change du dollar, l&rsquo;importance d&eacute;brid&eacute;e accord&eacute;e &agrave; l&rsquo;&eacute;conomie virtuelle, les emplois&nbsp; sous-pay&eacute;s, l&rsquo;absence de protection pour les travailleurs atypiques. Il r&eacute;side essentiellement dans la tendance individuelle et g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e &agrave; d&eacute;pendre de l&rsquo;&Eacute;tat. D&rsquo;o&ugrave; la n&eacute;cessit&eacute; de combattre ce mal et de valoriser celui ou celle qui travaille, peu importe le travail accompli ou le revenu qu&rsquo;on peut en tirer. Le slogan avanc&eacute; pour traduire cette lutte farouche contre la racine de tout le mal est ici &eacute;clairante : &laquo; Aide-toi et l&rsquo;&Eacute;tat t&rsquo;aidera ! &raquo; Le contrat qui est ainsi impos&eacute; entre les deux parties par l&rsquo;&Eacute;tat constitue un march&eacute; de dupes car ce dernier ne s&rsquo;impose pas de mettre en place les conditions suffisantes pour assurer le d&eacute;veloppement du monde de l&rsquo;emploi et un revenu capable de faire vivre son monde. L&rsquo;&Eacute;tat ne peut d&rsquo;ailleurs pas le faire car il ne veut pas toucher au march&eacute; qui est en place. Il lui reste donc &agrave; manipuler l&rsquo;individu pour le convaincre d&rsquo;entrer dans le march&eacute; du travail, tel qu&rsquo;il est, &agrave; s&rsquo;y adapter en somme, et, promet-il, &agrave; y trouver ainsi la sortie de la pauvret&eacute;. Contrat pi&eacute;g&eacute; s&rsquo;il en est un, car rien n&rsquo;oblige les entreprises &agrave; tenir compte des conditions concr&egrave;tes v&eacute;cues par les personnes ni des cons&eacute;quences sociales d&rsquo;un travail en miettes sur la sant&eacute; des individus et le d&eacute;veloppement &agrave; moyen terme des entreprises. Des deux &eacute;l&eacute;ments qui faisaient parie du compromis social, &agrave; savoir, l&rsquo;aide &agrave; l&rsquo;&eacute;conomie et le droit &agrave; un revenu suffisant pour assurer ses besoins de base, le second&nbsp; vient de dispara&icirc;tre. Il ne reste que le bien de l&rsquo;entreprise.<br />
<br />
Mais le social est t&ecirc;tu<br />
<br />
&nbsp;&nbsp; &nbsp;Il faut beaucoup de na&iuml;vet&eacute; politique pour croire que le d&eacute;bat social est ainsi termin&eacute;. Si un constat s&rsquo;impose de plus en plus dans tous les secteurs de la soci&eacute;t&eacute;, c&rsquo;est sans aucun doute la perception de la complexit&eacute; des choses et l&rsquo;augmentation des risques pour l&rsquo;ensemble des soci&eacute;t&eacute;s. Les gains, encore fragiles, que nous avons enregistr&eacute;s, comme soci&eacute;t&eacute;, pour ce qui a trait &agrave; l&rsquo;environnement devraient pourtant stimuler notre intelligence politique. Depuis plusieurs ann&eacute;es, en effet, la sensibilit&eacute; &eacute;cologique de nombreux groupes de citoyens et de citoyennes a transform&eacute; la fa&ccedil;on de penser et d&rsquo;agir de la population. Les liens multiples qui existent entre les d&eacute;chets, la rivi&egrave;re pollu&eacute;e, l&rsquo;eau imbuvable, ou encore l&rsquo;abattage des arbres, l&rsquo;&eacute;rosion des sols, le danger des rayons solaires, les cancers de la peau, la p&ecirc;che trop abondante, les esp&egrave;ces menac&eacute;es, le ch&ocirc;mage des p&ecirc;cheurs, l&rsquo;appauvrissement d&rsquo;une r&eacute;gion, l&rsquo;exode qui en r&eacute;sulte.. Bref, nous commen&ccedil;ons, comme soci&eacute;t&eacute;, &agrave; d&eacute;couvrir les liens multiples qui se tissent&nbsp; dans notre environnement et la n&eacute;cessit&eacute; que nous avons d&rsquo;en tenir compte. Une sensibilit&eacute; &agrave; la complexit&eacute; &eacute;cologique s&rsquo;arrime alors &agrave; la n&eacute;cessit&eacute; de se donner des limites et de chercher &agrave; g&eacute;rer l&rsquo;ensemble pour le l&eacute;guer en h&eacute;ritage aux g&eacute;n&eacute;rations montantes. Nous nous sommes m&ecirc;me donn&eacute; un BAPE pour examiner les projets des entreprises et limiter les risques pour l&rsquo;ensemble des populations impliqu&eacute;es.<br />
<br />
&nbsp;Il est pour le moins &eacute;tonnant que nous soyons ici plus&nbsp; sensibles &agrave; l&rsquo;avenir des b&eacute;lugas qu&rsquo;&agrave; celui des enfants, des hommes et des femmes des diff&eacute;rentes r&eacute;gions. Car la r&eacute;alit&eacute; sociale n&rsquo;est pas moins complexe que celle de notre environnement. Les liens qui existent entre les personnes ne sont pas seulement &eacute;conomiques. Les r&eacute;gions ne sont pas seulement des terrains de chasse, la richesse n&rsquo;est pas seulement dans les banques et le travail n&rsquo;&eacute;puise pas tout le sens de la vie en soci&eacute;t&eacute;. Un bon nombre de citoyens et de citoyennes, jeunes et moins jeunes, en sont convaincus. Qu&rsquo;il suffise de mentionner certains chefs d&rsquo;entreprises qui parient sur la &laquo; capital social &raquo; de leur milieu, c&rsquo;est-&agrave;-dire sur la force des r&eacute;seaux et des &eacute;changes qu&rsquo;ils permettent et de la confiance qu&rsquo;ils tissent pour le d&eacute;veloppement local, r&eacute;gional et outre-fronti&egrave;res. Qu&rsquo;on se rappelle la l&eacute;gislation toute r&eacute;cente sur le tabac, qui a relay&eacute; les efforts de persuasion individuelle en favorisant un environnement diff&eacute;rent. Et les recherches sur l&rsquo;ob&eacute;sit&eacute; et l&rsquo;alimentation qui pointent du doigt l&rsquo;environnement &agrave; changer pour obtenir des changements durables. Ou encore les exp&eacute;riences r&eacute;centes concernant le &laquo; temps de ville &raquo;, cet effort des d&eacute;cideurs de toute une ville ou d&rsquo;une r&eacute;gion pour harmoniser les divers temps sociaux et rendre ainsi la ville plus habitable pour tout le monde. Chacun pourrait allonger la liste. En somme, beaucoup red&eacute;couvrent les liens &agrave; tisser, souvent &agrave; recr&eacute;er, &agrave; prot&eacute;ger et ces efforts ont ceci de pr&eacute;cieux qu&rsquo;ils s&eacute;cr&egrave;tent du sens pour les citoyens et balisent des responsabilit&eacute;s pour les d&eacute;cideurs politiques. Mais ces tentatives sont fragiles.&nbsp; Que vont devenir les efforts des diff&eacute;rents lieux de concertation locale et r&eacute;gionale si les droits de tous ne sont pas respect&eacute;s et si deux classes de citoyens se mettent en place ? Qui va profiter de l&rsquo;exportation des produits si les milieux deviennent pollu&eacute;s et improductifs pour des g&eacute;n&eacute;rations ? Que vont devenir les co&ucirc;ts de sant&eacute; si la d&eacute;tresse psychologique, engendr&eacute;e par le manque de ma&icirc;trise sur sa vie et son travail, devient end&eacute;mique ?<br />
<br />
&nbsp;Le gouvernement Charest est en train de casser le compromis social qui existait entre le bien de l&rsquo;&eacute;conomie et les droits des citoyens. Le d&eacute;bat social qui vient de repartir de plus belle ne concernera pas seulement des id&eacute;es. Il s&rsquo;enracine dans la complexit&eacute; de la r&eacute;alit&eacute; sociale et c&rsquo;est elle qui engendre les innombrables risques que nous avons &agrave; g&eacute;rer collectivement. Refiler les risques aux &eacute;l&eacute;ments les plus fragiles de notre soci&eacute;t&eacute; n&rsquo;est pas une solution d&rsquo;avenir. Pour ce qui a trait &agrave; nos filets sociaux, il se dessine de plus en plus l&rsquo;urgence de penser&nbsp; et de mettre en place une nouvelle g&eacute;n&eacute;ration de mesures sociales. Au lieu de s&rsquo;esquinter &agrave; complexifier des mesures discriminantes et dangereuses socialement, il faut oser aller ailleurs. D&eacute;j&agrave;, plusieurs cherchent &agrave; d&eacute;fendre les garderies et les liens avec les parents qu&rsquo;ils impliquent. Certains refusent les montants qui maintiennent les gens dans la pauvret&eacute; et parlent de revenu de citoyennet&eacute;, d&rsquo;autres de r&eacute;forme de la fiscalit&eacute; pour les familles, d&rsquo;autres cherchent des moyens de d&eacute;fendre les travailleurs et les travailleuses isol&eacute;s dans de multiples petites entreprises, d&rsquo;autres encore r&eacute;clament une sorte de BAPE social pour examiner toutes les lois et r&egrave;glements qui concernent la qualit&eacute; durable de la vie sociale. Du changement ? Oui. Mais pas au m&eacute;pris de la complexit&eacute; sociale et humaine.&nbsp; La pauvret&eacute; demeure un processus qui se construit socialement et s&rsquo;entretient politiquement. Il nous faut mettre en place un autre processus. La vigueur de notre d&eacute;mocratie en d&eacute;pend et le vivre ensemble encore plus.<br />
<br />
Guy Paiement<br />
Pr&eacute;sident des Journ&eacute;es sociales du Qu&eacute;bec.<br />
<br />

SECTION INUTILISÉE

pour parler de la vie quand les gens arrivent