Se souvenir de l’avenir

Il arrive  parfois que certains événements débordent de leur cadre et prennent des valeurs d’anticipation. Le congrès eucharistique de Québec est de ceux-là. Nous sommes en présence d’un événement qui, à première vue, s’inscrit dans les événements qui reviennent à intervalles réguliers. Les congrès eucharistiques ne datent pas d’hier. Que l’on décide d’en tenir un autre cette année semble donc continuer une longue série d’événements qui ambitionnent de renouveler l’importance de l’eucharistie dans la vie chrétienne.
Toutefois, cette lecture  devient rapidement myope si l’on ne resitue pas l’événement dans le nouveau contexte historique qui est le nôtre. Celui-ci nous dessine des tâches nouvelles et c’est en référence à celles-ci que le congrès prend des dimensions troubles. Je tenterai de le montrer en rappelant, dans un premier temps, la nouvelle situation de la foi dans la critique actuelle. J’aborderai ensuite ma compréhension du « mémorial » pour esquisser, dans un troisième temps, les perspectives neuves qui s’ouvrent devant nous. Les limites de l’événement de Québec prendront alors l’allure d’autant de questions non résolues.

Le premier âge de la critique de la foi

Plusieurs d’entre nous ont connu l’univers religieux des années cinquante. Le monde de la paroisse, avec ses multiples organisations pieuses et sociales, était chapeauté par monsieur le curé et ses vicaires. Cet univers  partageait un même imaginaire religieux qui était globalement accepté par la population. Le monde ouvrier était alors en pleine ébullution et certains syndicats luttaient pour une plus grande participation des travailleurs dans l’entreprise. Le refus de l’épiscopat d’appuyer les ouvriers engendra bientôt une cassure qui se révélera, par la suite par la « grève de la messe » de beaucoup d’entre eux.. Devant les  remises en question qui montaient,  les autorités tentèrent alors de conjurer les insatisfactions par un discours religieux plus affectif afin d’amoindrir les effets d’une approche autoritaire qui était prédominante.  À Montréal, la « Grande mission » du Cardinal Paul-Émile Léger  constitue un bon exemple de cette stratégie conservatrice.: une armée de prédicateurs parcourut les multiples paroisses afin de proposer une image de Dieu, notre Père, aimant et miséricordieux. À cette croisade s’ajouta le chapelet en famille, récité à la radio par le Cardinal lui-même. Si ces efforts ont pu donner plus de confiance à certains croyants et croyantes, ils n’ont guère touché aux structures d’autorité qui étaient en place ni laissé d’espace aux critiques de jeunes intellectuels qui réclamaient plus d’autonomie dans leur façon de comprendre leurs responsabilités éthiques dans le nouvel univers mental qui s’annonçait.

L’avènement de la « révolution tranquille », qui se déroula en même temps que « l’aggiornamento » du Concile Vatican II,  constitua alors le premier âge d’une  critique d’ensemble.. La population était mûre pour effectuer le grand rattrapage de la modernité et les changements conciliaires semblaient autoriser  la vaste « mise à jour » de l’Église, invitée à cheminer avec les hommes et les femmes de ce temps. L’acceptation rapide de nouvelles façons de penser et d’agir trouva un symbole puissant dans l’exposition universelle de Montréal : nous étions donc entrés de plain-pied dans le monde moderne et l’univers entier venait nous visiter et admirer notre ouverture et notre sens de l’hospitalité.  La dimension religieuse n’en fut pas absente car, au cœur des multiples pavillons sur l’île Notre Dame, on pouvait visiter le pavillon œcuménique, timide présence chrétienne au cœur de la modernité. Souligons que celui-ci ne fut pas le plus populaire : il rappelait, dans ses murs, la présence des oubliés, tous ces gens qui souffraient de la faim, de la guerre et du sous-développement. On y faisait un tour rapide, mais il ne faisait pas le poids devant les attraits et les promesses de la modernité technique.

Un second événement, interne à l’Église celui-là, eut des conséquences plus dramatiques. Les jeunes des mouvements d’Action catholique  réclamaient plus d’autonomie pour leurs tâches d’animation et de transformation du monde moderne qui, évidemment, ne profitait pas à tout le monde. On leur enjoignit de ne pas se mêler des structures et de se contenter de témoigner de leur foi dans une bonne vie morale. Devant l’ampleur de la contestation, les autorités mirent sur pied une commission d’enquête, la commission Dumont. Dès le début, les commissaires choisirent d’élargir leur enquête et la commission se donna alors pour tâche d’étudier la crise de l’Action catholique et de l’ensemble de l’Église québécoise. La prise de parole suscitée par cette commission se manifesta dans 800 mémoires, représentant plus de 15,000 personnes. Les attentes étaient multiples, les recommandations le furent aussi. Malheureusement, elle fut globalement « tablettée » par les autorirés et plusieurs croyants et croyantes se retirèrent sur la pointe des pieds. Ce fut un premier âge d’une critique de plus en plus généralisée de l’Église et  l’épisode malheureux de la « pilule », quelques temps après, ne put que multiplier les prises de distance de croyants et surtout de croyantes qui en avaient marre d’êtres traités comme des mineures.

Or, les prises de position du cardinal de Montréal, au sujet des revendications des mouvements d’Action catholique, révélèrent une rupture plus profonde qui est toujours présente.. Tout se passa alors comme si une division des tâches s’officialisa. Les autorités religieuses ne pouvaient plus régenter la société. Désormais, tous les secteurs d’activités de la société relevaient des nouveaux ministères du gouvernement. Que restait-il à l’Église? Le pouvoir spirituel. On se cantonna donc dans la réforme liturgique et dans celle de la catéchèse, tout en négociant le financement de celle-ci par l’État. Mais rien ne fut fait pour créer des lieux de discernement des enjeux proprement spirituels de la mise en œuvre de la modernité. Cet accaparement du spirituel par les autorités aura des conséquences incalculables  et combien de croyants et de croyantes s’en iront chercher ailleurs de quoi se bricoler une spiritualité ajustée au nouveau contexte culturel dans lesquels ils s’aventuraient.

Le second âge de la critique religieuse

Au début de ce nouveau millénaire, nous sommes maintenant entrés dans un autre âge de la critique religieuse. Cette dernière ne se préoccupe plus tellement des raideurs de la pensée officielle que de la pertinence même du christianisme. Ce dernier semble avoir fait son temps et se retrouve de plus en plus  comme un simple héritage culturel que certains veulent encore conserver. Mais a-t-il  encore  quelque chose d’important à dire au monde complexe qui est le nôtre? Plusieurs valeurs chrétiennes ont été laïcisées, elles font désormais partie de notre bagage citoyen,  mais on n’a plus besoin des Églises pour les vivre. Ces valeurs sont de l’ordre du choix personnel et l’affiliation à une communauté de foi n’est plus jugée nécessaire.

Autrefois, l’Église officielle était capable de tenir, ensemble, les éléments fondamentaux de sa foi, le sentiment d’une même appartenance, des rites qui célébraient les grands événements de la vie et de son espérance et la responsabilité éthique de changer les situations qui font mal à des gens. Mais ces divers éléments échappent de plus en plus à l’autorité ecclésiale. Elle n’est plus en mesure de les réunir car ses préoccupations actuelles tendent à sauver les meubles, à unifier plusieurs lieux de culte, à préparer des enfants à des sacrements sans qu’une communauté de foi adulte puisse les épauler. D’où un éclatement des chrétiens catholiques, certains se voulant conservateurs d’une foi privée, d’autres humanistes, d’autres inventant leurs propres rites de baptême ou de funérailles, d’autres se cantonnant dans une responsabilité éthique.

Ne sommes-nous pas un peu comme les membres des communautés judéo-chrétiennes d’autrefois, qui virent des pans entiers de leur passé religieux s’effondrer et qui durent réinventer une communauté de foi, désormais traversée par toutes sortes de courants spirituels? Le Dieu qu’ils avaient connu était devenu problématique et ils devaient à nouveau chercher sa face.

Tout se passe comme si, aujourd’hui encore, à l’aube du deuxième millénaire, le Dieu qu’on prétendait connaître était en train d’éclater. Après l’éclatement du monde physique et la théorie du « big bang », nous avons connu l’éclatement des repères sociaux traditionnels lors de la montée du capitalisme et du marxisme. Par la suite, cefurent ceux de la nature intime de l’humain avec les découvertes de l’inconscient. De nos jours, avec la présence des multiples religions, qui deviennent autant de voisins, Dieu lui-même semble avoir éclaté. Quoi? L’Église n’aurait plus le monopole de la vérité? Pourquoi alors en faire partie plutôt qu’à une autre? Les critères manquent qui permettraient de se retrouver dans « ce nouveau monde qui est possible ». En même temps, c’est la compréhension même de ce que nous sommes comme humains qui est remis en question par les multiples techniques de reproduction et de communication. Dieu et l’humain sont devenus de plus en plus flous : sont-ils de simples sous-produits de nos cultures en mal d’explications commodes pour se protéger de la mort? Faut-il plutôt faire confiance à ceux qui prétendent que Dieu nous échappe toujours, que nous ne pouvons guère le mettre en boîte? Que l’humain lui-même est capable du pire mais qu’il peut encore nous surprendre car une Présence l’habite au cœur même de ses nuits les plus noires et qu’il n’a pas fini de nous étonner?

Combien de croyants et de croyantes entrent ainsi  dans une nébuleuse où les repères s’effacent et où, en même temps,  les forces de mort se manifestent de plus en plus au cœur de leur conscience et de celle des autres sans qu’ils entrevoient comment les exorciser? Je pense ici au génocide rwandais, qui a sévi dans un pays pourtant massivement christianisé. Comment expliquer le peu d’influence qu’a eu la foi chrétienne sur l’ensemble des populations? Ce n’est pourtant pas faute d’églises ou de prêtres ou de religieuses. Ce n’est pas faute de rites dominicaux et de dévotions. Serait-ce à cause d’une absence de critères de discernement  spirituel, travaillant trop en surface l’expérience personnelle et sociale? À voir, dans notre propre milieu, l’empressement de toute une classe sociale, à payer le moins possible d’impôts et à considérer la solidarité sociale comme étant une affaire du passé, on se dit que l’évangile est loin d’avoir eu raison, chez nous,  de Mammon ou des vieilles idoles de sécurité qu’on se fabrique sans cesse.

C’est dans ce nouveau contexte critique, que les membres de l’Église doivent se situer. La tâche n’est pas de tout repos. Un certain nombre  pense y parvenir par le déni et en réactivant le monde périmé des années cinquante. Mais cette restauration est un leurre. L’évangile demeure inspirant dans la mesure où il inspire de nouvelles façons de le vivre dans des situations inusitées. Certes, je peux comprendre que des générations plus jeunes, qui n’ont pas connu notre histoire religieuse, puissent trouver, dans la restauration, des balises qui leur manquent. Ils se retrouvent souvent devant un magasin d’antiquités, où gisent, pêle-mêle, un monde disparate d’objets et de pratiques laissés là par leurs parents. Certains s’en emparent comme on se saisit d’une bouée de sauvetage. Mais, qu’auront-ils d’autre quand ils rejetteront ce qui leur semblera des béquilles et quels critères auront-ils pour réinventer de nouvelles façons de vivre en Église?

Malgré tout, plusieurs sentent qu’il est illusoire de  nous replier sur nous-mêmes et que l’essentiel est peut-être de chercher à témoigner de la tendresse du Dieu de Jésus-Christ dans notre vie quotidienne puisque c’est d’abord là que se joue notre foi. Seul l’amour qui donne le goùt de renaître, de se relever, de servir,de faire de l’inédit  est digne de foi. Mais pour aller plus avant, sans doute nous faudra-t-il entrer davantage  dans la contemplation de celui «  qui n’avait pas de pierre pour reposer sa tête » et qui marchait sur les chemins des gens de son pays, proclamant qu’un monde neuf était déjà commencé et qu’on pouvait y entrer comme on entre dans une musique, c’est-à-dire en laissant cette musique nous entrer dans le corps et en découvrant le goût de la turluter.

La contemplation des personnes exclues.

Pour ce faire, nous devons redécouvrir ce que signifie « faire mémoire ». Nous savons déjà que cette expression n’a rien d’un retour plus ou moins nostalgique dans le passé. Elle ne se limite pas à répéter des gestes du passé mais bien à entrer dans l’expérience qui les a rendus possible. « Faire mémoire » de Jésus le Christ  ouvre alors une exploration de ce qui a été la passion du Galiléen et la décision de la partager de façon concrète. Les premiers disciples ont été invités à le faire. Pendant qu’ils marchaient avec lui, ils discutaient du pouvoir qu’ils auraient dans ce monde nouveau qu’il croyait à leur portée. Comme ils ne pouvaient pas s’entendre, ils demandent à Jésus de trancher la question. Ce dernier leur répond : « pouvez-vous boire le calice que je vais boire? Si vous le voulez, vous la boirez vous aussi, mais pour ce qui est des promotions, vous êtes mieux d’attendre, c’est un autre qui en décidera. ».(Marc,10,35-40)  Boire la coupe est ici synonyme de souffrance partagée. Non par goût du morbide mais par amour de ceux et de celles qui sont nos frères et nos sœurs et qui souffrent.

Ici peut s’ouvrir toute une caravane de personnes, dont plusieurs sont nos proches ou nos voisins.  Faire mémoire, par exemple de toutes ces personnes oubliées, qui ne mettent plus les pieds à l’Église parce qu’elles souffrent encore de décisions qu’on a prises à leur égard. Faire mémoire des anciens paroissiens qui perdent leur lieux de culte et avec eux les quelques liens concrets qu’ils avaient avec d’autres personnes de leur entourage. Faire mémoire de ceux et de celles qui n’ont plus d’espoir dans la communauté chrétienne, et qui se débattent pour trouver d’autres critères que ceux que leur tambourine la société de consommation. Faire mémoire de ceux et celles qui font des prodiges pour faire vivre leur famille, parce que leur travail est trop précaire, le loyer trop cher et que l’entraide s’effiloche dans le quartier, les groupes communautaires disparaissant faute de fiancement. Faire mémoire de toutes les personnes qui vivent durement cet éclatement de Dieu et qui doutent de l’avenir du christianisme. Faire mémoire de ces jeunes et moins jeunes qui ont peur pour l’avenir de la planète et qui veulent à tout prix sauver la beauté du monde et la confier à tous ces enfants qui ne sont pas encore venus au monde.  Chacun pourrait continuer la liste en ajoutant des références plus proches de son expérience. Il reste que c’est avec tous ces gens que nous pouvons faire mémoire de ce que Jésus a fait. Si ce dernier avait voulu  se contenter d’une petite réunion entre amis,   les invitant à refaire les mêmes gestes autour du pain et de la coupe, il n’aurait pas été arrêté pour sédition et ne serait pas mort sur la croix. C’est bien parce que les gestes qu’il a posés représentaient tous les autres gestes qu’il avait initiés au cours de sa vie publique que l’on a pu parler d’une « mémoire dangereuse » des gestes de Jésus. Ces rites, en effet, ne sont pas enfermés sur eux-mêmes mais concernent un autre avenir à faire avec tous ceux et toutes celles qui continuent dans leur vie les souffrances du Galiléen et qui espèrent que quelque chose de neuf arrive.

Les perspectives qui s’ouvrent

Nous sommes à l’aube d’une autre civilisation et l’évangile, j’en suis convaincu, a quelque chose à lui apporter. Dans le passé, au travers des misères des gens et de ses propres limites, la communauté des disciples de Jésus, le vivant, a collaboré à lever cette lourde pâte humaine et à en faire un pain qui se partage. Il est donc de la nature de l’évangile de proposer des façons de faire et des valeurs qui, un jour ou l’autre, sont reprises par la société toute entière qui peut ensuite en faire son profit. Quand Paul écrira qu’il n’y a plus, pour le croyant, de Juif ou d’Étranger, de riche ou de pauvre, d’homme ou de femme, il était loin de se douter qu’il mettait en branle une conception universelle de l’être humain qui aboutira, au vingtième siècle, dans la charte des droits et qui continue à se frayer un chemin en Orient. Quand des chrétiens et des chrétiennes du deuxième siècle recevaient chez eux les malades qui étaient abandonnés par leur famille ou recueillaient les enfants laissés sur le parvis des temples païens, ils étaient loin de se douter que, quelques siècles plus tard, des institutions seraient crées qui seront nommées des « hôtels-Dieu ». Quand une poignée de femmes du bas du fleuve se mirent à ouvrir une école de rang pour aider les enfants ruraux sans instruction, filles comme garçons, elles ne se doutaient pas qu’un jour l’état reconnaîtrait l’instruction comme un droit pour tous les enfants. Quand Marie-Gérin Lajoie et une brochette de femmes chrétiennes issues de la bourgeoisie se mirent, dans les années quarante,  à demander la réforme du code civil et défendre le droit de vote pour les femmes, elles ne se doutaient pas que le pouvoir politique reconnaîtrait un jour l’égalité homme/femme et l’équité salariale.Quand le frère Marie-Victorin récoltait ses plantes, il était loin de penser qu’un jour des milliers de gens défendraient la nature et lutteraient pour sauver les espèces et leur environnement. L’évangile, dans la société, n’est pas là pour imposer un pouvoir mais pour inspirer des façons de vivre et de penser qui permettent de devenir plus humain et de vivre ensemble. Combien d’exemples  de croyants et de croyantes  avons-nous, dans notre histoire,  qui ont semé en toute générosité, laissant à d’autres la joie de la récolte? C’est vraiment cette confiance et cette passion  des humains que nous avons à développer. Pendant des siècles, trop de gens ont cherché à défendre Dieu et à tuer ceux qui n’entraient pas dans leur camp clôturé. Aujourd’hui, c’est l’humain qu’il faut défendre, car la Présence divine l’habite.

Certes, pour y parvenir, il nous faudra innover. Ne pas craindre d’oser. Comme la vieille Sara, qui a tellement rigolé quand les trois visiteurs lui ont annoncé qu’elle aurait un fils de son vieux . Elle a tellement rigolé qu’elle appela son enfant Isaac : « Notre Dieu a pouffé de rire! »

Des tâches neuves nous attendent. Tout d’abord, créer et recréer des liens avec les gens. Y compris avec nos voisins qui vont à Dieu d’une autre façon.. Susciter chez nous des célébrations sans messe où les gens pourraient prendre la parole, questionner l’évangile et le traduire dans leurs mots. Car une foi qui ne se parle plus risque de devenir une langue morte. Multiplier les lieux de discernement spirituel communautaire, où l’on cherche à décoder les « signes des temps ». Mettre sur pied des communautés-relais avec des  responsables laïcs, comme on en trouve dans de nombreux pays. Soutenir les groupes qui font avancer la justice dans notre milieu et ne pas craindre de prendre la parole dans les journaux.  Vous en trouverez bien d’autres et des meilleures.

En terminant, comment ne pas se rappeler que les femmes ont été les premières à se rendre au tombeau? Le Christ n’y était pas. Mais l’envoyé leur a dit d’alller dire aux disciples qui s’étaient terrés dans leur cénacle de sortir. Car le Christ vivant les précédait en Galilée, sur les chemins des gens, là où l’un parlait de marier sa fille, l’autre d’élargir son marché, certains frayant avec des étrangers, d’autres critiquant les impôts et le pouvoir de l’empire.. Si la célébration du mémorial de Jésus, le Christ, ne nous incite pas à reprendre à notre tour le chemin, elle a bien des chances d’être un alibi, c’est-à-dire de nous maintenir ailleurs que là où nous devrions être. Sur le chemin, nous rencontrerons sûrement les sœurs, les  frères et les cousines de la vieille Sara et nous pourrons rigoler un bon coup de notre manque de foi.

Guy Paiement, s.j., le 1ier mars 2008