Débloquer l’avenir de l’Église: la suite

Pour donner des mains aux quatre points retenus, je propose certains moyens en toute simplicité. Vous pourrez en trouver des bien meilleurs.

1. Refaire alliance avec les gens

Il existe toute une panoplie de moyens simples, qui existent déjà  et que l'on pourra multiplier. Je pense aux réseaux d'accompagnement que des gens créent avec des personnes en phase terminale ou malades. Ou encore à des liturgies familiales du dimanche matin en famille. Certaines églises peuvent déjà partager leurs locaux avec des groupes de la municipalité, c'est une formule ouverte . Pour leur part, les groupes communautaires manquent cruellement de bénévoles car ceux qui y collaboraient ont vieilli et les groupes risques d'être incapables de survivre longtemps : ce qui signifie que des services importants ne pourront plus être offerts aux personnes fragilisées. Les municipalités doivent se donner une politique de la famille : ce qui ouvre des possibilités de collaborations neuves.

2. La spiritualité ou l'art d'avoir du souffle.

Il y a déjà longtemps que l'Église de Saint-Jean – Longueuil  voulait promouvoir la création de petits groupes de chrétiens et de chrétiennes. A-t-_on aujourd'hui des lieux de discernement sur l'actualité, par exemple?  Si des groupes de lecture biblique ou des communautés de base existent, peut-on en faire connaître l'existence et les fruits? Je sais bien que le rythme du marché du  travail ne permet pas facilement les rencontres. Mais sans des lieux concrets pour échanger et se ressourcer, comment espérer débloquer un avenir différent? J'ajoute que si de tels groupes se multipliaient, la question de nouveaux responsables de la communauté pourrait se poser de façon beaucoup plus concrète et prometteuse.

3. La consommation menacée et l'écologie

Il faudra bien que des croyants et des croyantes favorisent des expériences différentes dans la façon de se nourrir, de se récréer, de s'entraider, pour que le code du gagnant et du perdant ne soit plus le seul à s'imposer dans nos milieux. Saurons-nous créer des expériences de coopératives de travail dans de nouveaux secteurs ou soutenir des jeunes qui voudraient tenter de telles expériences? Déjà s'expérimentent des réseaux de fermiers, de consommateurs qui peuvent intégrer des personnes moins pourvues : en existe-t-il chez vous?

4. L'ouverture à la globalisation

Nous manquons de lieux de rencontre et d'échanges avec des personnes de foi différente. Il deviendra urgent d'en créer pour contrebalancer  les raidissements qui s'annoncent et qui ne promettent rien de bon. Des travailleurs étrangers triment dur dans nos campagnes : existe-t-il une préoccupation à leur égard? Plusieurs jeunes du milieu scolaire font des stages dans le tiers-monde  et en reviennent souvent transformés : pouvons-nous leur assurer un suivi et un accompagnement?  Des groupes français ont réussi à se réunir, malgré leurs différences et à s'interroger sur la mondialisation. Quel effort similaire  pourrait être tenté avec les milieux universitaires existants dans le milieu?

J'arrête ici cette liste d'épicerie car vous pourrez en dresser de bien meilleures. Mais il existe une condition et c'est de développer un culte nouveau à la vieille Sara. Elle était la femme d'Abraham et ne pouvait pas avoir d'enfant : ce qui était une malédiction sans pareille. Comment espérer que la promesse de Dieu pourrait se réaliser si aucun enfant ne voyait le jour? Or, un jour, trois inconnus s'arrêtent devant la tente. Abraham les reçoit selon toutes les lois de l'hospitalité Sara est cachée et entend leurs propos. Abraham se plaignait de son sort aux étrangers. « Au temps du printemps, dirent les inconnus, tu aura un fils ». Sara se mit alors à rire. Un rire irrépressible. Quoi? Elle, la vieille Sara, aurait enfin un fils? Elle riait en cachette mais les inconnus l'entendirent. Et répétèrent leur promesse. Vous connaissez la suite : au printemps, Sara la vieille, et Abraham le très vieux eurent un fils. Elle l'appela du nom d'Isaac, ce qui signifie : « Dieu a pouffé de rire! » Nos communautés sont vieillissantes et plusieurs ont peur de l'avenir . Le christianisme a-t-il fait son temps? Nos jeunes ne semblent pas vouloir reprendre le flambeau. Beaucoup de gens n'ont pas sorti les vieux cadavres des placards. Les média se moquent de l'Église et des quelques croyants à tête blanche. Mais Sara continue de rire. Un rire qui n'est pas un manque de foi mais plutôt l'étonnement et le besoin de se donner du temps pour laisser la nouveauté promise l'envahir peu à peu. Sara continue de rire et de rire. Puissions-nous rire avec elle, car notre Dieu n'a pas fini de nous étonner.