Un peu d’histoire

Au milieu du siècle dernier, le Québec a connu les Journées sociales du Canada. Une équipe nationale proposait, chaque année, l’étude d’un thème social, faisant appel à une brochette de spécialistes, et s’adressant à une certaine élite du temps. Plusieurs de leurs réflexions ont influencé l’agenda des politiciens mais très peu l’ensemble de la population qui vivait trop souvent de la pauvreté. Cette initiative disparut à l’aube de la révolution tranquille.

En 1991, un vaste congrès soulignait le centenaire de « Rerum novarum » (Des choses nouvelles), encyclique qui avait inscrit la question sociale au cœur de l’expérience chrétienne. Au terme de cette rencontre, un groupe décida de donner des suites aux réflexions amorcées mais avec une perspective différente des défuntes Journées sociales du Canada. On décida de proposer à tous ceux et toutes celles qui, dans les diverses régions du Québec, travaillaient à plus de justice sociale de se rencontrer, à tous les deux ans, autour d’une question sociale, pour échanger sur leurs pratiques en cours et profiter ainsi de l’expertise de plus de gens possible. Il s’agissait donc de rassembler des membres de réseaux existants dans les diverses régions et d’élaborer peu à peu une sorte de conscience commune des enjeux en cours. Les personnes pouvaient ensuite retourner dans leurs réseaux respectifs et faire avancer les questions qu’elles portaient et partageaient avec d’autres. Afin de tenir compte des expertises régionales, il fut aussi décidé de tenir la rencontre nationale dans les différentes régions du Québec, leur donnant ainsi l’occasion de se faire connaître et apprécier.